Préavis en CP 124 : Guide Complet

Préavis CP 124 : délais, licenciement, démission et règles applicables. Découvrez les conditions et le calcul du préavis dans la construction.

Préambule

Le préavis est un mécanisme fondamental du droit du travail belge qui encadre la transition lorsqu'un contrat de travail prend fin. Dans le secteur de la construction (CP 124), la détermination de la date exacte de fin de contrat combine les règles générales du droit social et des particularités sectorielles historiques.

Ce guide rassemble les principales règles applicables aux ouvriers de la Commission Paritaire 124, notamment les règles relatives au licenciement, à la démission, au calcul de l'ancienneté, à la notification, aux suspensions du préavis et aux contrats ayant débuté avant 2014.

Il tient également compte des modifications légales entrées en vigueur le 28 octobre 2023, le 1er juin 2026 et le 1er août 2026.

Les règles de préavis présentées concernent principalement les contrats à durée indéterminée (CDI).

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Comprendre le préavis

Qu'est-ce qu'un préavis ?

Le préavis est une période de transition obligatoire durant laquelle le contrat de travail continue de produire tous ses effets après que l'employeur ou le travailleur a notifié sa volonté d'y mettre fin.

Pendant cette période :

  • Le travailleur continue normalement à travailler sur chantier et perçoit sa rémunération habituelle.

  • L'employeur maintient l'ensemble de ses obligations contractuelles.

  • Le contrat continue d'exister jusqu'à la fin du délai ;

  • Le travailleur peut notamment bénéficier du congé de sollicitation pour rechercher un nouvel emploi ;

  • Certaines absences peuvent suspendre le cours du préavis lorsque le congé a été donné par l'employeur.

Le préavis constitue donc une période de transition entre la notification de la rupture et la fin effective du contrat, qui permet au travailleur de chercher un nouvel emploi et à l'employeur d'organiser le remplacement ou la fin de la relation de travail.

Qui peut donner le préavis ?

Le préavis peut être initié par :

L'employeur

Lorsque l'employeur décide de mettre fin au contrat, on parle de licenciement.

L'employeur doit respecter les règles légales relatives :

  • au mode de notification ;

  • au contenu de la notification ;

  • à la durée du préavis ;

  • aux éventuelles règles de motivation du licenciement.

Le travailleur

Lorsque l'ouvrier décide lui-même de quitter son emploi, on parle de démission.

Le travailleur doit également respecter un délai de préavis, mais celui-ci est nettement plus court que celui applicable en cas de licenciement et est plafonné à 13 semaines.


Déterminer la durée

La durée du préavis dépend principalement de deux éléments :

  1. l'ancienneté du travailleur ;

  2. la date de début de l'exécution du contrat.

Pour un licenciement, la date de début du contrat reste particulièrement importante pour les travailleurs dont l'exécution du contrat a commencé avant le 1er janvier 2014.

Depuis le 28 octobre 2023, le délai de préavis en cas de démission est déterminé selon la grille légale unique et est plafonné à 13 semaines, quelle que soit la date d'entrée en service.

Comment calcule-t-on l'ancienneté ?

L'ancienneté correspond à la période pendant laquelle le travailleur est resté sans interruption au service du même employeur.

Le délai applicable est déterminé sur la base de l'ancienneté acquise au moment où le préavis prend cours.

L'ancienneté se calcule selon le principe de date à veille de date.

Exemple

Un travailleur entre en service le 1er mars.

Si son préavis prend cours le 1er septembre, il compte :

6 mois d'ancienneté au moment de la prise de cours du préavis.

Il se situe donc dans la tranche correspondant à 6 mois à moins de 9 mois.


Contrat à durée indéterminée (CDI)

Un contrat à durée indéterminée (CDI) peut prendre fin avec prestation du préavis ou être rompu immédiatement moyennant le paiement d'une indemnité compensatoire de préavis.

Rupture moyennant préavis

Le contrat continue à être exécuté pendant le délai de préavis.

Le travailleur continue normalement à travailler et le contrat prend fin à l'expiration du délai.

Rupture immédiate moyennant indemnité

Le contrat prend fin immédiatement.

La partie qui rompt le contrat sans respecter le préavis doit en principe verser à l'autre partie une indemnité compensatoire de préavis, calculée sur la rémunération correspondant au délai de préavis qui aurait dû être respecté.

La loi prévoit également des règles spécifiques concernant les éléments de rémunération à prendre en compte.


Vous êtes licencié par votre employeur

Depuis le 1er juin 2026, un plafonnement du délai de préavis s'applique aux contrats dont l'exécution commence à partir de cette date.

Pour les contrats ayant débuté à partir du 1er janvier 2014, le régime doit être distingué selon la date de début du contrat.

Contrat commencé avant le 1er juin 2026

La grille légale classique continue de s'appliquer.

Lorsque l'ancienneté atteint 17 ans, le délai est de 54 semaines, puis continue d'augmenter selon les règles antérieures.

Contrat commencé à partir du 1er juin 2026

Lorsque le travailleur atteint 17 ans d'ancienneté ou plus, le délai est plafonné à 52 semaines et n'augmente plus.

Contrat commencé à partir du 1er août 2026

Une modification supplémentaire concerne les six premiers mois d'ancienneté.

Pour ces nouveaux contrats, le délai de licenciement est désormais d'une semaine jusqu'à six mois d'ancienneté. À partir de six mois, la grille générale reprend son application.

Le tableau ci-dessous permet de comparer les trois régimes selon la date de début du contrat.

Grille légale du préavis en cas de licenciement

Ancienneté dans l'entreprise

Contrat débuté avant le 01/06/2026

Contrat débuté du 01/06 au 31/07/2026

Contrat débuté à partir du 01/08/2026

Moins de 3 mois

1 semaine

3 mois à moins de 4 mois

3 semaines

1 semaine

4 mois à moins de 5 mois

4 semaines

1 semaine

5 mois à moins de 6 mois

5 semaines

1 semaine

6 mois à moins de 9 mois

6 semaines

9 mois à moins de 12 mois

7 semaines

12 mois à moins de 15 mois

8 semaines

15 mois à moins de 18 mois

9 semaines

18 mois à moins de 21 mois

10 semaines

21 mois à moins de 24 mois

11 semaines

2 ans à moins de 3 ans

12 semaines

3 ans à moins de 4 ans

13 semaines

4 ans à moins de 5 ans

15 semaines

5 ans à moins de 6 ans

18 semaines

6 ans à moins de 7 ans

21 semaines

7 ans à moins de 8 ans

24 semaines

8 ans à moins de 9 ans

27 semaines

9 ans à moins de 10 ans

30 semaines

10 ans à moins de 11 ans

33 semaines

11 ans à moins de 12 ans

36 semaines

12 ans à moins de 13 ans

39 semaines

13 ans à moins de 14 ans

42 semaines

14 ans à moins de 15 ans

45 semaines

15 ans à moins de 16 ans

48 semaines

16 ans à moins de 17 ans

51 semaines

17 ans et plus

54 semaines et progression ultérieure

52 semaines maximum

Le plafond de 52 semaines concerne uniquement les contrats commencés à partir du 1er juin 2026. Les contrats commencés avant cette date restent soumis aux anciennes règles.


Vous donnez votre démission

En cas de démission, le délai de préavis est déterminé selon une grille légale distincte de celle applicable au licenciement.

Le délai maximal est de 13 semaines, quelle que soit l'ancienneté.

Grille de démission selon la date de début du contrat

Ancienneté dans l'entreprise

Contrat débuté avant le 01/08/2026

Contrat débuté à partir du 01/08/2026

0 à moins de 3 mois

1 semaine

3 mois à moins de 6 mois

2 semaines

1 semaine

6 mois à moins de 12 mois

3 semaines

12 mois à moins de 18 mois

4 semaines

18 mois à moins de 24 mois

5 semaines

2 ans à moins de 4 ans

6 semaines

4 ans à moins de 5 ans

7 semaines

5 ans à moins de 6 ans

9 semaines

6 ans à moins de 7 ans

10 semaines

7 ans à moins de 8 ans

12 semaines

À partir de 8 ans

13 semaines maximum

Ces nouveaux délais pour les contrats débutant à partir du 1er août 2026 sont prévus par la modification de l'article 37/2 de la loi du 3 juillet 1978.


Modes de fin de contrat

Le préavis presté n'est pas le seul moyen de mettre fin à une relation de travail.

Préavis presté

Le travailleur continue à travailler pendant le délai légal et le contrat prend fin à l'expiration de celui-ci.

Dispense de prestation

L'employeur peut, dans le cadre approprié, dispenser le travailleur de prestations pendant le préavis tout en maintenant sa rémunération.

Cette situation doit être clairement distinguée d'une rupture immédiate.

Indemnité compensatoire de préavis

Le contrat prend fin immédiatement, et la partie à l'initiative de la rupture verse la rémunération totale correspondant à la durée du préavis légal, y compris les éléments de rémunération pris en compte conformément aux règles applicables.

Rupture de commun accord

Les deux parties conviennent librement de mettre fin au contrat à une date déterminée et fixent les conditions de cette fin de relation de travail.

Il est fortement recommandé de formaliser l'accord par écrit.

Motif grave

Le contrat peut être rompu immédiatement lorsqu'une faute grave rend immédiatement et définitivement impossible toute collaboration professionnelle.

La procédure et les délais de notification sont particulièrement stricts. La loi prévoit notamment un délai de trois jours ouvrables pour notifier le motif grave dans les conditions légales.


Notifier le préavis

La notification est l'acte juridique formel par lequel une partie informe l'autre de la rupture.

Elle doit obligatoirement être rédigée par écrit et mentionner avec précision la date de début et la durée du préavis.

Le respect des règles de notification est essentiel : une erreur peut entraîner la nullité du préavis et avoir pour conséquence une rupture immédiate avec paiement d'une indemnité compensatoire.

En cas de licenciement

L'employeur peut notifier le préavis notamment par :

  • lettre recommandée

  • exploit d'huissier de justice

La remise ordinaire de la lettre de licenciement en main propre ne permet pas légalement à l'employeur de notifier valablement un préavis.

L'article 37 de la Loi du 3 juillet 1978 sanctionne la remise en main propre d'une lettre de licenciement par une nullité relative. Cette nullité protégeant exclusivement le travailleur, celui-ci peut contester l'acte. Le licenciement est alors requalifié en rupture immédiate irrégulière, obligeant l'employeur à verser l'intégralité de l'indemnité compensatoire de préavis en un versement unique.

En cas de démission

Le travailleur peut notamment notifier sa démission :

  • par lettre recommandée

  • par exploit d'huissier

  • par remise de l'écrit à l'employeur

Dans ce dernier cas, il est prudent de conserver un double signé et daté attestant la réception.


Prise de cours

Le délai de préavis prend cours le lundi suivant la semaine pendant laquelle le préavis a été notifié, et sa prise d'effet légale dépend du mode de notification :

Exploit d'huissier

La notification prend effet le jour de la signification. Le délai de préavis commence ensuite le lundi suivant la semaine au cours de laquelle la notification a eu lieu.

Remise en main propre

Lorsque le travailleur donne sa démission, il peut remettre directement son écrit à l'employeur. La notification prend effet au moment de la remise. Le délai de préavis commence ensuite le lundi suivant la semaine au cours de laquelle la démission a été remise.

Lettre recommandée : attention au délai de réception

Pour une notification par lettre recommandée, il faut tenir compte de la règle légale concernant le moment où la notification est réputée reçue, c'est à dire le 3ème jour ouvrable suivant la date d'envoi, cachet de la poste faisant foi.

Les jours ouvrables comprennent tous les jours du lundi au samedi inclus (les dimanches et jours fériés légaux sont exclus).

Le calcul de la date de prise de cours du préavis ne doit donc pas être effectué simplement à partir du jour où le courrier a été déposé à la poste.


Calculer la date de fin

1. Déterminer la date de début du contrat

Cette date permet de déterminer le régime juridique applicable.

2. Déterminer qui rompt le contrat

  • licenciement

  • démission

  • contre-préavis

3. Calculer l'ancienneté

L'ancienneté est déterminée au moment où le préavis prend cours.

4. Déterminer le délai applicable

Selon le régime :

  • grille actuelle

  • nouveau régime applicable depuis juin ou août 2026

  • double volet pour certains contrats antérieurs à 2014

5. Déterminer le lundi de prise de cours

Le préavis commence le lundi suivant la semaine de notification.

6. Vérifier les suspensions

En cas de licenciement, certaines périodes peuvent interrompre temporairement l'écoulement du préavis.

7. Calculer la date finale

Le résultat final dépend donc non seulement du nombre de semaines, mais également des éventuelles périodes de suspension intervenant pendant le préavis.

Inutile de vous perdre dans des calculs complexes, notre simulateur applique automatiquement toutes les règles de la CP 124 selon votre situation personnelle.

Calculer la date de fin de mon préavis avec le simulateur


Les suspensions

Une suspension signifie que le cours du préavis s'arrête temporairement, reportant d'autant la date finale du contrat.

En cas de démission

Le délai de préavis donné par le travailleur n'est jamais suspendu.

La date de fin reste donc déterminée sur la base du calendrier initial.

En cas de licenciement

Certaines absences prévues par la loi suspendent le délai de préavis.

Il faut alors reporter la date de fin en fonction de la durée de la suspension.

Tableau d'impact des suspensions légales

Événement

Licenciement

Démission

Maladie ou accident de la vie privée

Suspend le préavis

Pas de suspension

Accident du travail / maladie professionnelle

Suspend le préavis

Pas de suspension

Vacances annuelles (individuelles et collectives)

Suspend le préavis

Pas de suspension

Chômage temporaire pour intempéries

Suspend le préavis

Pas de suspension

Chômage temporaire pour raisons économiques

Suspend le préavis

Pas de suspension

Repos compensatoire lié aux heures supplémentaires

Suspend le préavis

Pas de suspension

Repos compensatoires collectifs sectoriels (12jours)

Ne suspend pas le préavis

Pas de suspension

Jours fériés légaux et jours de remplacement

Ne suspend pas le préavis

Pas de suspension

Congé de maternité / Congé de naissance

Suspend le préavis

Pas de suspension

Congé d'adoption / Congé d'aidant / Raisons impérieuses

Suspend le préavis

Pas de suspension

Distinction importante en commission paritaire 124

Il ne faut pas confondre :

les repos compensatoires résultant d'heures supplémentaires

et

les 12 jours de repos compensatoires collectifs du secteur de la construction.

Leur régime n'est pas identique.

Ce qui explique pourquoi les jours de fermeture collective de fin d'année ne doivent pas être traités automatiquement comme des jours de suspension du préavis.


Congé de sollicitation

Durant l'exécution du préavis, le travailleur (qu'il soit licencié ou démissionnaire) dispose, dans les conditions prévues par la loi, d'un droit de s'absenter avec maintien intégral de sa rémunération pour rechercher un nouvel emploi.

Le régime dépend notamment de la durée du préavis restant à courir et de la situation du travailleur en matière de reclassement professionnel.

Régime classique

  • Durant les 26 dernières semaines de préavis : Droit d'absence d'un jour complet, ou de deux demi-journées par semaine.

  • Avant les 26 dernières semaines : Droit d'absence limité à une demi-journée par semaine.

Régime avec reclassement professionnel (Outplacement)

Droit d'absence fixé à un jour complet par semaine durant toute la durée du préavis.

Attention : Ces jours d'absence doivent être consacrés à la recherche d'un emploi. Ils ne donnent lieu à aucune indemnité ou rémunération compensatoire supplémentaire s'ils ne sont pas utilisés.

L'employeur ne peut toutefois exiger aucune preuve ni aucun justificatif de vos démarches, tels que des convocations ou des preuves d'envoi de CV. La recherche d'emploi et les contacts pris relèvent strictement de votre vie privée.


Contre-préavis

Un travailleur qui a été licencié et qui trouve un nouvel emploi peut, sous certaines conditions, mettre fin plus rapidement à son contrat en donnant un contre-préavis.

Le mécanisme permet au travailleur de ne pas devoir attendre l'expiration de l'intégralité du préavis donné par l'employeur.

Délais du contre-préavis

Ancienneté

Contrats débutés
avant le 01/08/2026

Contrats débutés
à partir du 01/08/2026

0 à moins de 3 mois

1 semaine

3 mois à moins de 6 mois

2 semaines

1 semaine

6 mois à moins de 12 mois

3 semaines

À partir de 1 an d'ancienneté

4 semaines maximum

Depuis le 1er août 2026, le contre-préavis est d'une semaine pour les travailleurs comptant moins de six mois d'ancienneté lorsque le contrat a débuté à partir de cette date. À partir de six mois d'ancienneté, les délais du régime applicable restent inchangés.

Le contre-préavis ne doit pas être confondu avec une démission ordinaire : il intervient alors que le travailleur a déjà été licencié avec préavis.


Contrat à durée déterminée (CDD)

Les règles précédentes concernent principalement les contrats à durée indéterminée.

À l'échéance normale

Le contrat prend fin à la date prévue ou lorsque le travail défini est terminé.

Un préavis n'est alors normalement pas nécessaire.

Rupture anticipée

Pendant la première moitié de la durée convenue, chaque partie peut, sous les conditions prévues par la loi, mettre fin au contrat moyennant préavis.

La période pendant laquelle cette possibilité existe ne peut pas dépasser six mois.

Après cette période, une rupture anticipée injustifiée peut entraîner le paiement d'une indemnité.


Contrats successifs & ancienneté

La situation peut devenir plus complexe lorsque plusieurs contrats se succèdent.

L'ancienneté ne doit pas être déterminée uniquement en regardant le dernier contrat signé.

Certaines périodes antérieures peuvent être prises en compte selon les circonstances, notamment dans le cas de contrats successifs ou d'une période d'intérim suivie d'un engagement chez le même utilisateur.

La loi prévoit notamment, pour le calcul de l'ancienneté en cas de licenciement, la prise en compte de certaines périodes d'occupation comme intérimaire chez l'utilisateur, sous les conditions prévues par l'article 37/4.

En cas de contrats successifs, il est donc déconseillé de calculer le préavis uniquement sur la base de la date figurant sur le dernier contrat.


Contrats conclus avant 2014 : Système du cliquet

C'est l'une des particularités les plus importantes à connaître pour un ouvrier de la construction ayant une longue ancienneté.

Lorsqu'un ouvrier était déjà en service avant le 1er janvier 2014, le délai de licenciement est calculé en deux parties.

Partie I : ancienneté au 31 décembre 2013

On calcule d'abord le délai correspondant à l'ancienneté acquise au 31 décembre 2013, selon les anciennes règles applicables à la CP 124.

Ancienneté au 31/12/2013

Contrat débuté
avant le 1er janvier 2012

Contrat débuté
à partir du 1er janvier 2012

Licenciement

Démission

Licenciement

Démission

Moins de 6 mois

3 jours ouvrables

1 jour ouvrable

4 jours ouvrables

1 jour ouvrable

6 mois à moins de 3 ans

14 jours calendrier

7 jours calendrier

16 jours calendrier

7 jours calendrier

3 ans à moins de 20 ans

28 jours calendrier

14 jours calendrier

32 jours calendrier

14 jours calendrier

20 ans et plus

56 jours calendrier

28 jours calendrier

64 jours calendrier

28 jours calendrier

Ces délais historiques sont présentés à titre documentaire et concernent uniquement les travailleurs soumis au système du cliquet. Depuis le 28 octobre 2023, le délai de préavis en cas de démission est déterminé selon la grille légale unique et ne fait plus partie du calcul du double volet.

Partie II : ancienneté depuis le 1er janvier 2014

On calcule ensuite le délai correspondant à l'ancienneté acquise depuis le 1er janvier 2014, selon le régime du Statut Unique.

Préavis total

Les deux périodes sont ensuite additionnées :

Partie I + Partie II = préavis total

Exemple concret

Un ouvrier entre en service le 1er février 1998 et est licencié en 2026.

Au 31 décembre 2013, il compte plus de 3 ans et moins de 20 ans d'ancienneté et son contrat a commencé avant le 1er janvier 2012.

La Partie I est donc de :

28 jours calendrier.

On calcule ensuite la Partie II sur la base de l'ancienneté acquise depuis le 1er janvier 2014.

Si cette Partie II correspond à 15 semaines :

28 jours + 15 semaines = préavis total.

Ce mécanisme de calcul en deux étapes est bien celui historiquement appliqué aux ouvriers CP 124 concernés.

Et en cas de démission ?

Depuis la réforme légale entrée en vigueur le 28 octobre 2023, le mécanisme du double volet a été supprimé pour les démissions. Tout ouvrier qui démissionne se voit appliquer la grille unique plafonnée à 13 semaines, quelle que soit sa date d'entrée en service.


Particularités de la CP 124

Le préavis applicable aux ouvriers de la construction repose aujourd'hui essentiellement sur la législation fédérale.

Les anciennes règles sectorielles CP 124 restent toutefois importantes pour certains travailleurs dont le contrat avait commencé avant 2014.

Le SPF Emploi maintient d'ailleurs une documentation spécifique consacrée aux délais de préavis CP 124, comprenant notamment les anciens arrêtés royaux sectoriels.

Les points à retenir

1. Contrat commencé à partir du 1er janvier 2014

Le régime général du Statut Unique constitue la base du calcul.

2. Contrat commencé avant le 1er janvier 2014

Le calcul du licenciement peut nécessiter le système du double volet.

3. Contrat commencé à partir du 1er juin 2026

Le délai de licenciement est plafonné à 52 semaines à partir de 17 ans d'ancienneté.

4. Contrat commencé à partir du 1er août 2026

Le délai est ramené à 1 semaine pendant les 6 premiers mois d'ancienneté


Erreurs fréquentes

Le calcul du préavis est souvent rendu compliqué par des erreurs de méthode.

Erreur n°1 : compter le préavis à partir du jour de réception

Le préavis ne commence pas nécessairement le jour où la lettre est reçue.

Il prend cours le lundi suivant la semaine au cours de laquelle la notification produit ses effets.

Erreur n°2 : utiliser la date d'envoi pour déterminer l'ancienneté

L'ancienneté servant à déterminer le délai est celle acquise au moment où le préavis prend cours.

Erreur n°3 : appliquer la grille actuelle à un contrat antérieur à 2014

Pour certains ouvriers concernés, le système du double volet doit être utilisé.

Erreur n°4 : croire que tous les congés prolongent le préavis

Toutes les absences n'ont pas le même effet.

Erreur n°5 : confondre repos compensatoire et repos collectif CP 124

Les deux notions ne doivent pas être assimilées.

Erreur n°6 : confondre démission et contre-préavis

Le contre-préavis suppose que le travailleur a déjà été licencié.

Erreur n°7 : oublier les réformes de 2026

Les dates du 1er juin 2026 et du 1er août 2026 peuvent modifier considérablement le résultat pour certains nouveaux contrats.


Calculez votre préavis via notre simulateur

Le calcul exact peut nécessiter de tenir compte simultanément :

  • de la date de début du contrat

  • de l'ancienneté

  • de la personne qui rompt le contrat

  • du régime applicable avant ou après 2014

  • du système du double volet

  • des nouvelles règles de 2026

  • de la date exacte de notification

  • de la date de prise de cours

  • des éventuelles suspensions

  • d'un éventuel contre-préavis

C'est précisément pour cette raison qu'un simulateur de préavis a été conçu, afin de réaliser le calcul sur mesure en tenant compte de chaque situation.

La durée du préavis et la date de fin du contrat sont deux informations liées mais distinctes. Une durée de 10 semaines, par exemple, ne permet pas à elle seule de connaître la date de fin sans connaître la date exacte de prise de cours et les éventuelles suspensions.

Calculer mon préavis avec le simulateur

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